Le lockout chez ABI a fait perdre jusqu'ici
- $ à Hydro-Québec
Tous les Québécois paient pour cela.
Le syndicat veut négocier.
Mais le compteur tourne....

Fermeture de la moitié de la dernière série de cuve à ABI

Alcoa affiche un mépris pour le processus de négociation

Publié : 19/12/2018

Trois-Rivières, mercredi le 19 décembre 2018 – La décision d’Alcoa de fermer la moitié des cuves restantes à son aluminerie de Bécancour témoigne d’un flagrant mépris pour le processus de négociation initié par le ministre du Travail.

 

Le gouvernement a en effet institué un processus sous la gouverne d’un Conseil de médiation présidé par l’ancien premier ministre Lucien Bouchard. Le ministre du Travail avait donné aux parties jusqu’au 21 décembre pour en arriver à une entente négociée. « On sait que l’arrêt d’une partie des cuves augmente les coûts et le temps nécessaire à un redémarrage. C’est un manque flagrant de respect pour le processus de négociation, à deux jours de l’échéance fixée par Québec. La direction d’Alcoa vient rire au nez du gouvernement et du processus de négociation qu’il a initié. La mauvaise foi de la partie patronale devient de plus en plus évidente », dénonce le président de la section locale 9700 représentant les 1030 lockoutés d’ABI, Clément Masse.

Or, la compagnie n’a eu de cesse d’augmenter ses demandes à la table de négociation depuis le début du lockout le 11 janvier dernier, offrant beaucoup moins que l’offre refusée par les membres métallos en janvier dernier. « Alcoa veut faire payer son propre lockout aux travailleurs et à l’ensemble de la région. Alcoa vient creuser encore plus le fossé », dénonce Clément Masse.

En plus de faire subir son lockout aux travailleurs, Alcoa et Rio Tinto font payer cher Hydro-Québec, le gouvernement et l’ensemble des Québécois pour son conflit. En effet, Hydro-Québec a été privée de revenus de plus de 200 millions depuis le début du conflit le 11 janvier dernier, puisque la compagnie invoque un Act of God ou une « force majeure » pour ne pas payer l’électricité qui lui est réservée. « En fermant ainsi la moitié de la dernière série de cuves, ABI accroît les pertes de revenus pour le gouvernement du Québec. Lorsque viendra le temps de déterminer les tarifs d’électricité pour l’avenir, c’est tous les Québécois qui en paient le prix. La multinationale se moque des Québécois », ajoute Clément Masse.

Les 1030 syndiqués de l’aluminerie de Bécancour ont été mis en lockout le 11 janvier dernier par Alcoa et Rio Tinto. Les négociations achoppaient sur le financement du régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre. Alors qu’une entente négociée était possible, l’employeur a plutôt choisi de décréter un lockout.