Le lockout chez ABI a fait perdre jusqu'ici
- $ à Hydro-Québec
Tous les Québécois paient pour cela.
Le syndicat veut négocier.
Mais le compteur tourne....

Une population en otage : Québec doit donner l’heure juste

Appui des Métallos d'Alma aux lockoutés de Bécancour

Publié : 25/01/2018

 De passage à Bécancour pour appuyer ses confrères en lockout, le président de la section locale 9490 des Métallos représentant les travailleurs de Rio Tinto à l’usine Alma, Alexandre Fréchette, s’est interrogé sur les contrats d’électricité qui unissent le gouvernement et les géants de l’aluminium.
« Est-ce que ça joue un rôle dans le lockout? On l’a vu dans notre conflit en 2012, la dimension de l’approvisionnement en électricité est cruciale. Le gouvernement Couillard ne s’est pas prononcé dans le dossier. Est-ce que oui ou non, ABI est présentement en négociations avec Québec au sujet des tarifs et de son approvisionnement en électricité? Le gouvernement doit donner l’heure juste », croit Alexandre Fréchette.
Quelques dizaines de syndiqués de Rio Tinto Alcan à Alma, qui ont eux-mêmes vécu un lockout de 6 mois en 2012 ont fait le voyage aujourd’hui jusqu’à Bécancour pour appuyer leurs confrères et consoeurs lockoutés par Rio Tinto et Alcoa à Bécancour. Ils ont amené avec eux une remorque achetée en 2012 et tout juste redécorée aux couleurs du présent conflit, qui restera sur les lignes de piquetage à Bécancour pour la durée du lockout.
« Nous nous sentons très proches des 1030 confrères et consoeurs, de leurs familles et de toute la population de la Mauricie et du Centre du Québec affectés par ce conflit. Nous savons ce que c’est, nous sommes passés par là. On se sent pris en otage par des grandes compagnies dont les intérêts sont définis à l’étranger et on comprend bien que les enjeux du lockout dépassent les négociations », ajoute Alexandre Fréchette.
Tout au long du conflit, les Métallos d’Alma soutiendront ceux de l’aluminerie de Bécancour avec une aide financière récurrente de l’ordre de 15 000 $ par semaine. Cet appui fait chaud au cœur des lockoutés d’ABI. « Nos 1030 membres et leurs familles se sentent pris en otage par des multinationales. Les géants de l’aluminium bénéficient déjà de tarifs très avantageux de la part de l’État québécois, de l’ensemble des Québécois. Et en retour, ils prennent toute une région en otage, aujourd’hui en Mauricie et dans le Centre-du-Québec comme en 2012 au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’est indécent », dénonce le président de la SL 9700, Clément Masse.
Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, est le syndicat le plus important du secteur privé au Québec. Il regroupe plus de 60 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs économiques.