Le lockout chez ABI à fait perdre jusqu'ici
- $ à Hydro-Québec
Tous les Québécois paient pour cela.
Le syndicat veut négocier.
Mais le compteur tourne....

Le lockout chez ABI a coûté plus de 150 millions et le compteur tourne

Combien Alcoa perdra-t-elle encore avant de retourner négocier?

Publié : 18/04/2018

Bécancour, le mercredi 18 avril 2018 –  Le lockout chez ABI a coûté jusqu’à présent plus de 150 millions à ses propriétaires et les pertes de profits s’accumulent. Voilà qui porte un sombre éclairage sur les résultats du premier trimestre dévoilés aujourd’hui par Alcoa. 

En effet, chaque mois que dure le lockout chez ABI équivaut à une perte de profits d’un minimum de 16 millions US pour l’usine, soit plus de 12 millions US pour Alcoa et plus de 4 millions US pour Rio Tinto. À cela, il faut ajouter des coûts liés à l’arrêt et au redémarrage des cuves d’environ 100 millions.

« Combien Alcoa va-t-elle encore perdre avant de revenir à la table de négociations? C’était une mauvaise décision financière dès le départ, puisque l’arrêt et l’éventuel redémarrage des cuves représentent à la base une dépense d’une centaine de millions. On constate que le trou financier se creuse davantage, d’au moins 16 millions par mois et probablement beaucoup plus lorsqu’on considère que l’usine a cessé la production des produits à valeur ajoutée comme des billettes et des plaques d’aluminium », explique le président de la section locale 9700 chez ABI, Clément Masse, qui représente les 1030 métallos en lockout à Bécancour.

Les calculs réalisés par le Syndicat des Métallos s’appuient  sur les statistiques officielles du Commodities Research Unit (CRU). L’estimation de perte de profits mensuels de 16 millions US pour les deux propriétaires est très conservatrice, puisqu’elle s’appuie sur le prix à la tonne et les coûts d’opération du site pour des lingots d’aluminium. Or, les trois quarts de la production habituelle d’ABI sont constitués de plaques et de billettes, des produits à valeur ajoutée sur lesquels les profits sont plus importants que sur les lingots d’aluminium. De plus, les coûts fixes d’opération pèsent plus lourd dans la balance, étant donné que l’usine fonctionne seulement au tiers de sa capacité.

Sitôt que le comité de négociation syndicale a accepté d’envisager un régime de retraite à financement salarial où le risque repose sur les épaules des travailleurs, la direction d’ABI a rompu les négociations, proposé une offre finale inacceptable qui a été sans surprise rejetée par les membres. Plutôt que de reprendre les négociations sur les points en suspens, soit le financement d’un nouveau régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre, la direction a décrété un lockout le 11 janvier dernier.

« La mascarade a assez duré. Les 1030 syndiqués et leur famille perdent beaucoup, toute l’économie régionale en souffre, Hydro-Québec a perdu 60 millions de revenus et le compteur tourne. Même ABI se prive de profits de 16 millions US par mois. Alcoa et Rio Tinto doivent cesser l’entêtement idéologique et négocier rationnellement, avec un regard neuf », conclut Clément Masse.