Décès des suites d’une silicose
La succession d’un mineur obtient gain de cause
Mineur pendant 26 ans, Gaston Clavet est décédé en janvier 2022 après avoir souffert de difficultés respiratoires pendant une vingtaine d’années. Il a fallu l’intervention des Métallos et une coûteuse expertise médicale pour que son décès soit reconnu comme une conséquence de sa maladie professionnelle.
En octobre 2004, Gaston avait reçu un diagnostic de silicose, reconnu comme étant lié au travail. Il a par la suite vécu plusieurs épisodes de rechute, de récidive et d’aggravation, également reconnus par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Pourtant, à la suite du décès, la CNESST a refusé de reconnaître celui-ci comme résultant de sa maladie professionnelle, refus maintenu en révision.
Qu’à cela ne tienne, le Syndicat des Métallos est entré en scène pour défendre les droits de ce travailleur qui a été membre pendant plusieurs décennies de la section locale 9291 à la mine Westwood en Abitibi.
« On ne laisse pas tomber les personnes qui ont été membres des Métallos pendant des décennies, même à la retraite, même décédées. Les gens ne savent pas toujours qu’il y a un lien entre une maladie et leur emploi. Et dans ce cas-ci, il a fallu recourir à une expertise médicale pour le prouver », explique la responsable de la santé et sécurité au Syndicat des Métallos, Me Julie Hébert, qui a plaidé le dossier de la succession de Gaston Clavet.
Une expertise médicale nécessaire
Parmi les multiples mentions présentes sur le certificat de décès, aucune ne faisait expressément référence à la silicose, devenue silicose conglomérée, soit une forme plus grave de la maladie dont souffrait Gaston Clavet.
« L’expertise médicale était critique dans ce dossier-là. C’est ce qui a permis de démontrer le lien entre le diagnostic initial reconnu comme une maladie professionnelle et les différents diagnostics inscrits sur le certificat de décès », explique Julie Hébert.
La science médicale a énormément progressé au cours des dernières décennies, ce qui rend de plus en plus fréquent le besoin de recourir à une expertise médicale. Du côté patronal, le recours à ce type d’expertise est très répandu.
Or, ces expertises sont coûteuses, et les médecins spécialistes qui acceptent d’en faire pour le compte des travailleur.euse.s sont rares. On peut parler d’une à plusieurs dizaines de milliers de dollars. « C’est beaucoup trop cher pour ce que peut se permettre une famille endeuillée », observe Julie Hébert.
Dans le dossier de Gaston Clavet, c’est la section locale 9291 qui a payé pour l’expertise médicale, à la suite d’une décision prise par ses membres en assemblée générale. Certaines sections locales disposent d’un fonds consacré aux coûts des expertises. C’est malheureusement très rare.
« C’est souvent la seule façon de faire valoir les droits des travailleur.euse.s. Et ce n’est pas quelque chose que les familles font pour l’argent ; c’est surtout pour avoir des réponses sur la cause du décès. Ça aide à faire son deuil », conclut Julie Hébert.
Cet article fait partie de la dernière édition du magazine Le Métallo.
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