Chrysotile

"Ignatieff devrait tourner sa langue sept fois avant de parler" - Daniel Roy, directeur du Syndicat des Métallos

Publié : 26/08/2009

Montréal, 24 août 2009. Le Syndicat des Métallos s’inscrit en faux contre les déclarations irréfléchies du chef libéral Michael Ignatieff formulées vendredi à Lennoxville. Ce dernier s’est dit en faveur d’un arrêt de la production de Chrysotile, s’appuyant sur des études contestées. «La sagesse intellectuelle commande de lire au complet les études avant d’en tirer des conclusions aussi tranchées», lance le directeur du Syndicat des Métallos, Daniel Roy.Le rapport auquel faisait référence le chef libéral ne recommande aucunement l’arrêt de la production de chrysotile, ni même son bannissement. Il s’agit plutôt de l’avis de plusieurs experts sur le sujet, colligé par Santé Canada, qui conclut à la nécessité d’étudier plus avant le dossier. On peut notamment y lire que les risques de développer un cancer sont plus élevés ailleurs qu’au Québec. «On a vu des confrères mourir de l’amiantose à une autre époque. Nous nous sommes battus pour améliorer la sécurité des usines. Les installations d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles d’autrefois. Il faut cesser de dénigrer cette industrie», poursuit M. Roy. L’Agency for toxic substances and disease registry des États-Unis classe l’amiante chrysotile au 119e rang quant à sa toxicité, derrière le plomb, le béryllium, le cobalt, le méthane ou encore le nickel. Il faut différencier l’amiante chrysotile, exploitée aujourd’hui, de l’amiante amphibole déjà interdite, qui elle était néfaste pour les poumons. «Si le Canada cesse d’exporter du chrysotile, l’industrie s’alimentera ailleurs. On soupçonne en outre que les produits de remplacement comportent des risques pour la santé», tranche le directeur québécois des Métallos. «Si M. Ignatieff veut constater de lui-même le travail fait pour assurer la qualité du produit et la sécurité des travailleurs, nous nous ferons un plaisir de l’accueillir à Thetford Mines !», conclut M. Roy.