Les dirigeants nationaux des Métallos au Saguenay‒Lac-Saint-Jean

Les élus doivent refuser de signer l’accord tant que les tarifs et quotas n’auront pas été écartés

Publié : 22/03/2019

Alma, le vendredi 22 mars 2019 – Le gouvernement du Canada et tous les parlementaires ne doivent sous aucun prétexte signer l’Accord Canada‒États-Unis‒Mexique tant qu’il sera question de tarifs et de quotas sur l’aluminium et l’acier. Voilà le message qu’ont livré le directeur canadien du Syndicat des Métallos, Ken Neumann, et le directeur québécois, Alain Croteau, lors de leur passage au Saguenay‒Lac-St-Jean, vaisseau amiral de la production de l’aluminium au Canada.

Les dirigeants des Métallos, tant au Québec qu’au Canada, ont d’ailleurs l’intention de rencontrer les chefs des différents partis politiques pour les sensibiliser à l’importance de présenter un front uni en la matière. « Le gouvernement fédéral, le premier ministre Trudeau lui-même ainsi que tous les chefs de partis doivent se montrer très clairs à l’égard des Américains : cet accord ne sera pas signé tant qu’il sera question de tarifs ou de quotas.  Il doit y avoir une unanimité très claire sur cet enjeu à travers le Canada, bien avant la prochaine campagne électorale », ont lancé en cœur le directeur canadien des Métallos, Ken Neumann, et le directeur québécois, Alain Croteau.

L’incertitude quant à une éventuelle levée des tarifs menace le développement du secteur de l’aluminium. Déjà, on comprend que le projet d’une nouvelle usine de billettes à l’aluminerie d’Alma est mis sur la glace.  

En tournée au Saguenay‒Lac-St-Jean, les dirigeants syndicaux du Canada et du Québec ont rencontré ce matin à l’usine Alma de Rio Tinto Alcan des syndiqués du secteur de l’aluminium attaqués par les tarifs injustes du gouvernement américain.

Les Métallos portent aussi ce message de l’autre côté de la frontière, via le pendant américain des United Steelworkers. « Les tarifs sur l’aluminium et l’acier sont inacceptables. Le Canada est un bon partenaire commercial des États-Unis, et nos marchés de l'acier et de l'aluminium sont hautement intégrés », souligne le président international du Syndicat des Métallos (United Steelworkers), Leo W. Gerard.

Les travailleurs des deux pays écopent à cause des tarifs. « Ces tarifs sont nuisibles non seulement pour les alumineries, les aciéries et tous les transformateurs au Canada, mais ils ont aussi de graves répercussions aux États-Unis. L’industrie de l’automobile, l’ensemble des usines qui utilisent nos métaux et ultimement les consommateurs américains en paient le fort prix », ajoute Ken Neumann.

« Tout cela est stérile, on sait que de nouvelles alumineries ne démarreront pas par magie aux États‑Unis. Pendant que l’administration Trump se fait tirer l’oreille, des emplois sont menacés chez des transformateurs d’acier et d’aluminium. Des projets d’expansion sont aussi mis sur la glace ici », déplore le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

 

Des développements menacés

 

Seulement dans la région du Saguenay‒Lac-St-Jean, les tarifs représentent plus de 50 millions par mois. La perspective de quotas vient jeter une ombre sur des projets d’expansion et donc à la création de bons emplois.

« On sent que tout est au ralenti avec les tarifs américains et la crainte qu’ils soient remplacés par des quotas, comme le souhaite l’administration américaine. Déjà, l’ombre qui plane sur le projet de billettes est un effet direct de ces tarifs. L’incertitude doit être levée rapidement. Nous allons mettre de la pression sur les différents élus pour qu’ils prennent des engagements très clairs. C’est bien beau attendre que les américains voient la lumière, mais il est temps que les élus d’ici passent de la parole aux actes », affirme le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Alexandre Fréchette.