RTA remet le projet d’usine de billettes aux calendes grecques

Les métallos d’Alma dénoncent le manque de vision de la compagnie

Publié : 16/10/2019

Alma, le mercredi 16 octobre 2019 –  C’est avec une grande déception que le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, (section locale 9490 du Syndicat des Métallos) a appris aujourd’hui la décision de Rio Tinto de ne pas investir dans le projet d’usine de billettes.

« C’est un projet important pour les travailleurs et pour l’ensemble de la région. Passer à côté de ça dénote un manque de vision certain. Comme RTA le dit elle-même, les perspectives à long terme restent solides. À tergiverser comme ça, on manque le bateau et on va se retrouver les mains vides dans quelques années lorsque le marché sera en demande. C’est maintenant qu’il faut faire preuve d’audace, sinon on cède le marché nord-américain sur un plateau aux compétiteurs étrangers », dénonce le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Sylvain Maltais.

La décision est d’autant plus fâchante que les métallos avaient accepté l’an dernier de rouvrir leur convention collective afin de garantir la paix industrielle, condition préalable au projet de construction d’une usine de billettes, qui aurait créé une cinquantaine de nouveaux emplois permanents en plus des centaines d’emplois liés à la construction. Cette prolongation du contrat de travail ne tient plus et des négociations auront donc lieu dès 2020.

« Pour une énième fois, la compagnie a fait miroiter des investissements qui ne se concrétisent pas. Cette fois-ci, la compagnie invoque la production sur les marchés asiatiques pour justifier son attentisme. Au contraire, si Rio Tinto ne prend pas l’initiative d’investir maintenant, elle se fera seulement encore plus damer le pion par l’Asie dans un proche avenir », poursuit Sylvain Maltais. 

Ce dernier presse le fédéral et les candidats aux élections de lundi prochain, de s’engager à réserver pour des projets d’investissement dans l’aluminium une portion des sommes amassées en 2018 et 2019 dans le cadre des contre-mesures destinées à compenser les tarifs américains sur l’acier et l’aluminium. « Il y a eu des investissements depuis dans le secteur de l’acier, mais on n’a rien vu passer pour celui de l’aluminium. C’est un incitatif important pour amener la compagnie à investir dans le développement de l’aluminium. Les gouvernements ne peuvent rester passif devant la paralysie de la compagnie », ajoute le leader syndical.