Troisième décès d’un signaleur routier en trois mois

Combien de temps encore avant que la prévention soit prise au sérieux au Québec?

Publié : 06/12/2019

Montréal, le vendredi 6 décembre 2019 – Une femme qui travaille comme signaleur routier est décédée hier en Montérégie, portant le nombre de décès à trois en deux mois dans ce secteur. La semaine dernière, un membre de la section locale 8922 du Syndicat des Métallos qui représente près de 1000 signaleurs routiers est décédé en Beauce.

Cette avalanche de décès sur les chantiers routiers au Québec survient alors que le gouvernement a reporté le dépôt de sa réforme de la Loi sur la santé et sécurité du travail et l’implantation de mesures de prévention dans tous les secteurs de travail.

« Les enjeux de sécurité chez les signaleurs routiers sont grands. Les conducteurs sont tellement habitués aux cônes orange qu’ils n’adaptent plus autant leur conduite. Les employeurs et les donneurs d’ouvrage qui font appel aux compagnies de signaleur routier doivent assumer leur responsabilité et assurer la sécurité des signaleurs routiers sur les chantiers. C’est une responsabilité partagée », fait valoir le président de la section locale 8922 des Métallos, le Syndicat de la sécurité privée au Québec, Patrick Pellerin.

Le Syndicat des Métallos rappelle que seulement 11,6 % des travailleurs au Québec sont couverts par les mécanismes de prévention prévus par la Loi sur la santé et la sécurité, soit les comités paritaires de santé et sécurité, la présence d’un représentant à la prévention et l’élaboration de programmes de prévention spécifiques à l’établissement. Le mouvement syndical revendique depuis longtemps de tels mécanismes dans l’ensemble des milieux de travail.

Le ministre du Travail avait laissé entendre qu’une réforme du régime de santé et sécurité serait déposée avant les fêtes, échéancier de toute évidence reporté.

« Combien de décès faudra-t-il encore avant qu’on prenne au sérieux la prévention au Québec. Chaque décès évitable, en est un de trop. Le gouvernement doit faire de la prévention une réelle priorité, dans l’ensemble des milieux de travail. Ça passe par des mécanismes de prévention où les travailleurs et les travailleuses sont impliqués. Ils connaissent le travail, ils connaissent les risques et sont les mieux placés pour proposer des solutions », fait valoir le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.