DS à la mine Westwood

Choc post-traumatique et pression de production à la mine

Publié : 26/09/2025

Dans une mine souterraine où il y a eu des effondrements, la peur peut venir hanter les mineur.euse.s à tout moment.

Délégué social à la mine Westwood en Abitibi (SL 9291), Francis Raymond Alary a vu un soir un collègue d’ordinaire jovial devenir « blanc comme un drap » après avoir enfilé sa chienne de travail. « Lui-même ne comprenait pas ce qui lui arrivait. On s’est mis dans un coin et on a parlé. Presque cinq ans plus tôt, il avait fait partie d’une équipe de sauvetage minier. Et tout à coup, il avait peur de retourner sous terre », raconte Francis. Les discussions avec le DS ont fait baisser la tension, et le travailleur a ensuite réussi à revenir sur son quart de travail habituel.

Récemment, un autre coup de terrain, heureusement sans conséquence, a ravivé les craintes. « On ne sait pas quand une personne va casser. C’est ce qui a été dur à reconnaître au début », confie le vice-président syndical sortant et DS d’expérience Alain Perreault, aujourd’hui à la retraite. Les deux DS notent que les lésions psychologiques sont aujourd’hui mieux reconnues.

Parfois, Alain Perreault a dû insister pour que des travailleur.euse.s anxieux.euses ne descendent pas sous terre. « Ce n’est bon pour personne [qu’une personne en choc post-traumatique descende sous terre]. Mais les paiements ne prennent pas de pause. Il faut amener les gens à trouver des solutions, à s’arrêter avant de casser et de ne plus jamais pouvoir revenir. » Sous terre, un accident est vite arrivé ; surtout si les travailleur.euse.s ne sont pas concentré.e.s.

 

Pression de production

La capacité à percevoir la santé mentale des membres des DS enrichit les échanges au sein du comité de santé et sécurité. Les délégué.e.s ont mentionné l’incohérence entre les procédures sécuritaires exigées et la pression au travail. « Il y a une grosse bible de procédures à suivre, mais les travailleur.euse.s n’ont pas les moyens de l’appliquer. Après, on vit avec le stress de ne pas se faire prendre. Le manque de justice opérationnelle, c’est aussi un facteur de risque psychosocial », souligne Francis, notant que la jeune génération est particulièrement sensible à cette incohérence.

La formation de DS outille aussi les délégué.e.s à la santé et sécurité et les membres de l’exécutif. « Comme représentant à la santé et sécurité, je rencontre des personnes atteintes de séquelles permanentes. C’est un deuil à vivre, et ça amène beaucoup de détresse », explique Francis. Son confrère délégué syndical qui rencontrait des personnes aux prises avec des mesures disciplinaires renchérit : « Une formation de DS, ça aide à mieux lire les gens. »

 

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