DS chez CCR

Une infirmière à l’écoute

Publié : 26/09/2025

À l’infirmerie de l’usine CCR, on veille autant à la santé physique qu’à la santé mentale. Les trois infirmières et l’infirmier qui se relaient ont tou.te.s suivi la formation de délégué.e social.e offerte par le Conseil régional FTQ. 

Marie-Josée Tourigny est déléguée sociale depuis presque 13 ans. En passant chercher leurs masques ou faire des tests de santé, certain.e.s collègues lui glissent un mot au sujet de leurs difficultés du moment.

« Quand vient le temps d’une séparation, les gars vivent beaucoup de stress. Les horaires atypiques rendent la garde des enfants difficile. Souvent, ils ne connaissent pas leurs horaires d’avance et travaillent les fins de semaine », illustre l’infirmière auxiliaire.

Elle aide à petites doses, le temps d’un café, d’un bref échange. « Mon bureau est comme une zone tampon, un endroit où ventiler. Quand ça va plus loin et que ça demande une plus grande intervention, on les envoie voir les DS au bureau du syndicat… sans le dire à nos patrons », explique-t-elle avec un sourire espiègle.

Elle retourne parfois discrètement chez elles des personnes qui ne sont pas en état de travailler.

 

L’humeur du temps

Branchée sur l’humeur ambiante dans ce microcosme qu’est l’usine, elle perçoit les périodes de tension. « On a vécu un moment moins le fun pendant la pandémie, il y avait beaucoup d’anxiété. Et là, on passe un autre moment difficile, avec Trump [et les tarifs sur les produits canadiens]. Les gens ont peur pour leur emploi », explique l’infirmière. 

Cette travailleuse de nuit constate les aléas des horaires atypiques : « Chez les jeunes, c’est le festival du Red Bull. Ils prennent des choses pour se booster, et ça cause de petits problèmes d’anxiété et de cœur. Ils veulent vivre de jour comme de nuit », constate-t-elle.

Avec la formation de DS et l’expérience, elle a appris à écouter plutôt qu’à tout de suite chercher des solutions.

Elle se rappelle un travailleur en instance de divorce, qui jasait chaque matin en venant chercher son masque. « Je lui demandais juste comment ça allait aujourd’hui, je m’informais. » Plusieurs mois plus tard, celui-ci lui a confié à quel point sa présence lui avait été bénéfique pendant ce moment de grand isolement.

« Il y a toujours une certaine réticence à se confier sur son lieu de travail. Mais quand les gens réussissent à le faire, tout le monde est gagnant. On travaille le cœur plus léger. Mon rôle, c’est un peu d’apaiser le milieu de travail », conclut l’infirmière.

 

Pour lire les autres textes du dossier sur les DS :

 

Cet article fait partie de la dernière édition du magazine Le Métallo.

Cliquer sur ce lien, pour consulter tout le dernier numéro du Métallo

Document(s) associé(s) :