Les DS, le cœur de notre action syndicale

Publié : 19/09/2025

Historique du réseau des DS

Le réseau d’entraide des délégués sociaux et des déléguées sociales (DS) de la FTQ naît en 1983, au beau milieu d’une crise économique qui frappe les travailleur.euse.s de plein fouet. L’idée émerge du Conseil du travail de Montréal (aujourd’hui Conseil régional FTQ Montréal métropolitain), qui veut répondre aux problèmes dits « personnels » de ses membres.

Le réseau démarre grâce à un partenariat avec Centraide. La même année, la FTQ crée aussi des postes de « conseillères sociales » et de « conseillers sociaux » pour soutenir les chômeur.euse.s, avec une subvention fédérale. En parallèle, le comité permanent sur l’alcoolisme et les toxicomanies est lancé, en réponse à une résolution du Congrès de 1979.

Ces trois initiatives donnent naissance au réseau, qui s’étendra par la suite à l’échelle du Québec.

 

Le rôle des DS

La ou le délégué.e social.e, c’est un.e travailleur.euse qui en aide un.e autre, selon une approche de pair aidant. Trois mots résument son action : écouter, soutenir, prévenir.

Les DS ne sont ni psychologues ni TS. Elles et ils sont plutôt formé.e.s pour écouter et soutenir leurs collègues, reconnaître certains signes de détresse et les rediriger au besoin vers les ressources offertes dans la région.

L’écoute est essentielle : elle permet souvent de désamorcer une situation. La démarche est confidentielle, souvent informelle. Plusieurs conventions collectives reconnaissent la contribution des DS, et quelques-unes prévoient des libérations à cette fin. Les DS veillent, souvent dans l’ombre, au bien-être de leurs collègues. Le 14 février est désormais la journée de reconnaissance des DS.

 

Le cœur de la FTQ

Le réseau des DS regroupe plus de 3000 pairs aidants partout au Québec, dans divers milieux de travail.

Un sondage de la FTQ révèle qu’environ les deux tiers occupent aussi une autre fonction syndicale, comme délégué.e syndical.e (53 %) ou représentant.e à la prévention (26 %).

Les formations de DS sont offertes par les conseils régionaux FTQ. La plupart des régions ont un.e coordonnateur.trice de réseau, grâce à l’appui financier de Centraide (ou de la Croix-Rouge au Saguenay–Lac-Saint-Jean).

Un bottin des ressources de la région est mis à la disposition des DS : finances, aide alimentaire, prévention du suicide, problèmes de dépendance, violence conjugale, santé mentale, etc.

 

Une ouverture sur les risques psychosociaux

Les DS sont branché.e.s sur la santé émotionnelle et mentale de leur milieu de travail. Elles et ils sont souvent aux premières loges pour déceler les risques psychosociaux.

Au fil de ce reportage auprès des DS de notre Syndicat, plusieurs ont confié au Métallo ressentir les effets des grandes crises que notre société traverse, comme la pandémie ou encore l’instabilité causée par les tarifs de l’administration Trump.

Elles et ils sont aussi confronté.e.s aux enjeux de l’heure, comme l’utilisation des cellulaires, l’alcoolisme, la consommation de drogues, les problèmes de jeu, le recours aux boissons énergisantes pour rester alerte, les défis de la garde partagée, les parcours migratoires et les relations interculturelles, la violence conjugale, etc. « Toute l’arborescence des problèmes sociaux qu’on peut rencontrer dans nos communautés, on les retrouve dans nos milieux de travail », mentionne le conseiller syndical de la FTQ François Ouellet.

Les DS ont aussi une bonne compréhension des enjeux liés aux risques psychosociaux propres aux milieux de travail, comme les horaires atypiques, la pression de performance, l’épuisement professionnel, le harcèlement, les conflits interpersonnels, les relations interculturelles, les effets psychologiques des lésions physiques subies au travail, etc.

Au moment où les comités de santé et sécurité doivent maintenant prendre en compte spécifiquement les risques psychosociaux, « le réseau des DS est un excellent levier par sa capacité de lecture du milieu, pour contribuer à l’effort en santé et sécurité du travail, sur le volet psychosocial », croit François Ouellet.  Encore faut-il qu’il y ait un lien entre les DS et la structure syndicale, ce qui est notamment favorisé par une banque de libération et une reconnaissance de leur rôle dans la convention.

 

Pour lire les autres textes du dossier sur les DS :

 

Cet article fait partie de la dernière édition du magazine Le Métallo.

Cliquer sur ce lien, pour consulter tout le dernier numéro du Métallo

Document(s) associé(s) :