Dossier: La Parole aux Jeunes Métallos

Déconstruire les mythes à l’égard des syndicats

Publié : 30/08/2026

Les jeunes métallos rencontré.e.s sont conscient.e.s des mythes et préjugés qui ont cours dans la société à l’égard du syndicalisme. 

« Il faut changer la mentalité selon laquelle le syndicat protège les pas bons », croit Pierre-Alexandre Lapointe du Chemin de fer Roberval-Saguenay. Son confrère de Ciment Québec à Saint-Basile-de-Portneuf, Étienne Matte, est lui aussi confronté à ce même préjugé, alors que les plus ancien.ne.s ont déjà vécu des conflits et comprennent mieux les avantages du syndicat. 

« Beaucoup se disent : “Si je fais bien mon travail et que je suis vaillant.e, je vais me démarquer par moi-même et je n’aurai pas besoin de syndicat pour me protéger” », ajoute Pierre-Carl Noël, en faisant référence à ses ancien.ne.s camarades de classe du DEP en technique d’usinage. Celui-ci a vraiment découvert la pertinence du syndicat une fois en poste.

Le président de la SL 9232, Étienne Matte, ne perd pas de temps avec des débats idéologiques : il préfère démontrer l’utilité concrète du syndicat, et compte accueillir les nouveaux et nouvelles avec une formation syndicale. 

Pierre-Alexandre Lapointe abonde dans le même sens : « Si les jeunes sont bien informé.e.s et impliqué.e.s, ce qu’ils et elles disent va avoir de l’impact. » Il a aussi l’intuition que le syndicalisme évolue vers une approche plus constructive, moins axée sur la confrontation. « Un grain de sel à la fois, la salière va se remplir », philosophe-t-il. 

Samuel Thibeault de chez CEZinc, pour sa part, ne perçoit pas de résistance au syndicalisme du côté des jeunes, bien au contraire. « Je ne pense pas que les jeunes soient plus individualistes, c’est la société au complet qui l’est. J’en vois plein qui entrent à l’usine, qui veulent s’impliquer, qui se soucient de ce que leurs confrères et consœurs vivent au quotidien, et qui revendiquent une amélioration commune des conditions de travail, car ils et elles souhaitent que tout le monde ait le même traitement », observe-t-il. 

Il note toutefois que les jeunes sont peu habitué.e.s à être représenté.e.s et à avoir une voix collective au travail. Peu réceptive aux grands discours sur l’histoire syndicale, la nouvelle génération « veut apprendre par l’expérience. Elle cherche du concret sur ce que le syndicat fait, et on n’a pas de misère à en donner », indique Samuel, convaincu qu’un syndicalisme à l’écoute des membres et de leurs préoccupations saura rejoindre toutes les générations.cCet article fait partie de la dernière édition du magazine envoyé à tous les membres

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