Dossier: La Parole aux Jeunes Métallos
Un engagement syndical naturel
La plupart des jeunes rencontré.e.s par le Métallo n’avaient pas vraiment d’idée précise du syndicalisme avant d’être eux-mêmes et elles-mêmes syndiqué.e.s, et certain.e.s avaient même une perception plutôt favorable en raison d’engagements passés ou de l’expérience de personnes de leur entourage. Aucun.e ne semblait contaminé.e par la version plus négative véhiculée par les conservateurs comme quoi les syndicats seraient une nuisance économique ou une protection pour les paresseux.euses.
Une fois dans leur milieu de travail syndiqué, les métallos rencontré.e.s se sont impliqué.e.s tout naturellement.
Peu après son arrivée chez Amrize (anciennement Ciment Lafarge), Saïd Chekroun a assisté à une formation de 4 heures sur le syndicat, où on a expliqué la grève de 2016 visant à préserver le régime de retraite à prestations déterminées pour les générations à venir. « J’ai trouvé ça incroyable qu’on cherche à défendre les conditions des prochain.e.s travailleur.euse.s. » Peu après, il a décidé de s’engager syndicalement pour « donner au suivant », lui aussi.
Pour Audrey Desjardins, qui s’est retrouvée en grève au CPE Au Jardin de Pierrot sitôt en poste, l’immersion a été rapide. « Je n’avais jamais entendu parler de syndicat. Ça m’a un peu donné la piqûre, j’ai vu comment on pouvait avoir un impact sur notre métier en s’impliquant syndicalement », confie celle qui est aujourd’hui présidente de son unité. Elle est bien déterminée à envoyer un maximum de ses consœurs en formation.
Mathieu Dresdell de chez IOC avait déjà une bonne idée du syndicalisme. Ayant entendu parler de griefs à table dans son enfance, il a répondu présent quand un collègue l’a nommé pour faire partie de l’exécutif. Les jeunes apportent selon lui un regard neuf sur des situations ou des façons de faire : « On est une génération qui pose beaucoup de questions, on essaie de comprendre le pourquoi du comment, on n’aime pas se faire dire que ça a toujours été de même. » Le jeune homme a d’ailleurs contribué au virage numérique de sa section locale, dont il est aujourd’hui vice-président.
Le syndicat nous fait progresser
« Le syndicat fait progresser la société, mais il te fait aussi progresser en tant que personne », croit Pierre-Carl Noël, vice-président de son unité chez Technosub. Son président explique à qui veut bien l’entendre qu’envoyer le jeune syndicaliste en formation est un « investissement », qu’il va « amener du changement et de nouvelles idées ».
Charlotte Solocha, déléguée syndicale chez CCR, a relevé le défi de l’engagement syndical « par humanisme », parce que ça lui « tient à cœur que les droits de la personne soient protégés ». La jeune femme curieuse se fait un devoir de transmettre ce qu’elle apprend à son entourage. « Le fait que je sois si proche, les gens posent des questions qu’ils ne poseraient pas de façon formelle. Ça crée une ambiance familière pour passer de l’information », constate la jeune déléguée.
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