Dossier: La Parole aux Jeunes Métallos

Du temps et une vie équilibrée

Publié : 30/08/2026

Alors que l’équipe syndicale collige les demandes pour la prochaine négo chez CEZinc à Salaberry-de-Valleyfield, le vice-président Samuel Thibeault est déjà prêt à mettre sa main au feu que les demandes des jeunes tourneront autour des heures de travail et d’une meilleure conciliation travail-famille. 

« Les jeunes veulent des vacances, du temps, et conjuguer leur vie personnelle avec leur vie professionnelle. Le travail occupe une place beaucoup moins importante pour eux et elles », constate le syndicaliste de 30 ans. Dans une entreprise qui doit fonctionner 24 heures sur 24 et où le quart de la main-d’œuvre est d’âge plus bas, le choc est de taille. 

Même si la dernière convention a considérablement bonifié les primes pour les heures supplémentaires, cela n’a plus autant d’attrait de nos jours : « Les jeunes font des semaines de 40 heures, retournent à la maison et passent à leurs priorités. Le travail n’est plus pour eux et elles la pierre angulaire de la vie en société. Pour survivre à cette nouvelle réalité, les milieux de travail doivent s’adapter », affirme Samuel, déterminé à brasser les cartes en ce sens. 

« Je ne suis pas mon travail », lance Charlotte Solocha, technicienne de laboratoire à l’affinerie de cuivre CCR de Montréal-Est, faisant écho aux propos entendus dans l’autre usine de Glencore. En raison de ses origines familiales, elle connaît les normes relatives aux congés payés en Europe, où les vacances sont plus longues et octroyées dès l’entrée en poste. Elle juge donc bien courtes les deux semaines offertes à son emploi actuel en début de carrière. « Ça devient rapidement long. Après 50 semaines, tu as envie de te reposer un peu. Je vois bien que mes collègues plus âgé.e.s reviennent rechargé.e.s après leurs vacances », confie la travailleuse, qui craint d’attirer « une attention négative » en prenant tous ses congés personnels et de maladie prévus. 

Une adaptation difficile
L’adaptation est difficile pour des jeunes qui sortent de l’école, où le rythme est plus souple, et se retrouvent dans un environnement de travail très encadré, plus rigide, où s’alternent souvent des quarts de jour et de nuit. 

Le vice-président de la SL 9190 au Chemin de fer Roberval-Saguenay, Pierre-Alexandre Lapointe, constate lui aussi ce contraste de la nouvelle génération en quête de qualité de vie, dans une entreprise qui compte sur les heures supplémentaires pour fonctionner. « Les jeunes ne dépendent plus autant du travail qu’avant, ils et elles veulent beaucoup de congés et font moins d’heures supplémentaires. Il y en a même qui partent de chez nous pour aller travailler de jour ailleurs à un moins gros salaire. V’là 10 ans, on ne voyait pas ça », observe le syndicaliste de 30 ans. 

L’idée ne lui a toutefois pas traversé l’esprit, bien au contraire : « Avec l’aspect financier, les primes, le fonds de pension et le régime d’options d’achat d’actions, c’est une hosto de belle job pour quelqu’un qui aime travailler dehors », fait valoir le jeune père, dont la conjointe a un horaire de travail plus flexible pour s’occuper de leurs deux enfants de cinq et trois ans. 

Pour les emplois sous réglementation fédérale, le défi ne semble pas aussi grand, avec l’octroi récent de 10 jours de congé de maladie payé. Chez IOC sur la Côte-Nord, ils s’ajoutent à 5 jours de congé mobile, aux semaines de vacances et à une banque de 40 heures d’absence sans solde, sans justification. « On a beaucoup plus de temps pour nous, par rapport à nos prédécesseur.e.s. La conciliation travail-famille est peut-être plus facile », constate Mathieu Dresdell, 31 ans.

 

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